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September 20 Dieu, pour une foisOn va causer d'Abraham, patience
Je dois avouer, à ma plus grande honte, que depuis que j’ai pris un congé sabbatique je n’ai pas jeté le moindre coup d’œil sur mes boîtes E-Mail. J’avais des centaines de messages non lus. Quelle fut ma surprise de découvrir celui qui suit et que je vous livre sans en changer la moindre virgule et tout en conservant cette orthographe si charmante : 2 septembre 2007 Cité du Vatican (Italie) en ce jour de Grâce sus-cité. Cher Herr Momo von Warfaaz Je permets à moi de écrire perzonnellement à vous pasque depuis votre désertion du net, y a plus berzonne qui parler du Bon Dieu, même pour de sa gueule se fouter chentiment. Vous savez que nous, on préfère qu’on dise des koullionnades sur notre Seigneur que de en parler pas du tout. Alors, Herr de Warfaaz, si vous faisiez un billet ousque qu’on parler de Jésus, du Père ou du l’Esprit saint, nous vous offrons d’effacer kratuitement tous vos Péchés Capitaux, passés et à venir (les véniels étant en prime), pour une période de vingt années, renouvelable si affinités. (On pourra fous donner un peu de sous avec). Tans l’esboir que vous trouverez cette offre raisonnaple, recevez ma Bénédiction la plus chaleureuse. (signé) Benoît XVI von Buchenwaldt, Dachau und Tel-Aviv réunis ************************************************************************
Bon, d’accord, ça vous en mouche un joint ! Le Père m’écrire, à moi, perzonnellement, quel honneur, quelle consécration ! Mon Talent enfin reconnu en très Très Haut-Lieu ! Qu’auriez-vous fait à ma place ? Accepter ? Oui. C’est surtout l’absolution de tous mes péchés qui m’intéresse dans cette offre, surtout ceux à venir. Pouvoir enfin me livrer à toutes les turpitudes possibles et imaginables sans le moindre remord, voyons çà, une fois : la paresse : Là je devrais pas me forcer l'orgueil : J’en suis bourré mais je croyais que c’était une qualité. Enfin ! la gourmandise : Miam miam : choucroute und sauzices, chocolate, petits plats de Nadine * et pet-de-nonne la luxure : Passons ! l'avarice : A mon âge, ce serait plutôt les varices, mais, enfin, si on m’en fait cadeau pour rien, je prends la colère : C’est rare, sauf si qu’on me parle de luxure l'envie : J’ai parfois de ces envies, pas croyables ! Mais ma paresse m’empêche de les satisfaire. * * C’est Nadine qui m’a obligé à intercaler çà (pas les pet-de-nonnes)!
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Abraham, Isaac et tutti quanti (Ancien Testament, genèse, chap. 22)
Donc, ce jour-là, le 22 mai -165.785 avant nous autres, par un beau dimanche de printemps le brave Abraham promenait son troupeau constitué de son âne, ses brebis, ses deux serviteurs (Harold et Pacorabanne) et son fils unique, Isaac. Dieu qui, comme d’habitude, était colère et s’emmerdait du haut de son nuage regardait passer la caravane tandis que les chiens … (excusez, j’ai glissé). Bon, l’Eternel se dit : je vais te l’emmerder un tantinet, alors il cria : - Abraham ! Et Abraham, pas étonné du tout et pas cachottier pour un sou, répondit : - Je suis là. Alors là ! Alors là ! Quand je lis ça j’ai les larmes de pluie d’un ancien pays où qu'il ne pleut pas qui arrosent mes yeux veloutés tellement que c’est beau ! La bible, c’est quand même un monument de la littérature ! Vous sentez toute la puissance, toute l’émotion, la dignité qu’il y a dans ce simple dialogue ? (Cà n’arrive pas à la cheville de ce que je viens d’écrire, mais quand même). Imaginons que Dieu crie : - Eh ! Tête de lard ! Et qu’Abraham réponde : - Lard toi-même eh ! L’enflé ! Ben ! Ce serait pas pareil. Pas pareil du tout, pour tout dire cela friserait la grossièreté, voire une certaine familiarité. - Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac; va-t'en au pays de Morija, et là, offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai, qu’y dit Dieu tout d’une trac ! Ben ! En voilà encore une phrase qu’elle est belle : Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac ! L’Eternel y dit ça pour pas qu’Abraham y se goure et prenne son autre fils unique, Kevin, çui qu’y n’aimait pas et qu'il aille l'holocauster sur la montagne. C’est bien la preuve que Dieu c’est pas n’importe qui et qui sait espliquer simplement les choses compliquées. Vous pensez qu’Abraham y répondit : Vas te faire voir eh ! gros tas ? Vous y êtes pas du tout ! Y dit à ses serviteurs de ramasser du bois pour faire un holocauste, y prit son couteau suisse, son briquet et son fils unique qu’il aimait (Isaac, pour ceux qui suivent pas) et les emmena vers les montagnes. Le voyage dura trois jours et, arrivé aux pieds des monts, Abraham dit à ses serviteurs : - Vous resterez ici avec l’âne (non, celui-là c’est mon fils !) et attendez-nous, je vais prier Dieu avec mon fils unique (Isaac) que j’aime le plus. Arrivé sur la montagne Abraham fit un autel, y fit coucher Isaac et ouvrit son couteau (la grande lame, pas celle pour se faire les ongles, faut pas pousser). Il leva le bras et… et… et qui est arrivé ? Zorro, l’ange de l’Eternel, qui cria : - Abraham ! (bis) - Je suis là ! Là, je ne ferai pas de commentaire. C’est simplement splendide, d’une beauté abyssale, d’un pathétisme insoutenable, d’un lyrisme mozartien, même Audiart n’aurait pas pu faire mieux. Je sens que mes lecteurs et trices vont décupler leur vitesse de lecture pour arriver au bas de cette page et connaître le dénouement hitchcockien de cette haletante aventure. Bon, certains vont être déçus. Que ceux qui sont avides de narration où le sang coule à flot, où les organes intimes sortent de leur anonymat, où les entrailles montrent ce qu’elles ont dans les tripes, passent leur chemin et regardent la TV (y passent Urgences), par contre les fleurs bleues, les midinettes, les amatrices de happy end et de fables de la Fontaine, les gogos et les gogottes, restez. Voilà pour vous : - Arrête hé couillon, c’était une blague, qu’y dit Zorro. Un tantinet vexé Abraham releva sa djellaba : - Et des pareilles, t’en a déjà vu, gros con ? Le Seigneur appela une seconde fois Abraham des cieux, et dit : - Je le jure par moi-même, parole de l'Éternel ! Parce que tu as fais cela, et que tu n'as pas refusé ton fils… Oufti ! Permettez que j’ouvre une parenthèse, mdr, lol : je le jure par moi-même !.
PS – Momo ne pourra par terminer ce billet, il vient de tomber de sa chaise, mort de rire, et s’est cassé la main droite. Désolée. Bisous à tout le monde. PS 2- Heureusement à tout malheur … il est ambidextre. Comments (21)
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