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27 September Massacre à la tronçonneuse Histoire véridiquement vécue
Voici les faits dans toute leur horreur : Je sais que la phrase ci-dessus est insensée, y a des tas de mots mal choisis, voire superfétatoires. J’aurais pas dû écrire superfétatoire, c’est inutile. Et puis, après tout, c’est moi que je cause alors, je raconte comme je veux ! Bon, laissez-moi vous narrationner l’histoire. (Y a Word qui souligne narrationner en rouge, y commence à me casser les bonbons, çui-là !) Bon, j’était vautré élégamment dans mon fauteuil lorsque la sonnette ouilla (voir Godefroid de Bouillon dans un billet précédent). (Par contre, Word n’a pas souligné ouilla !) Je vais ouvrir. Un petit type sympa, une sorte de gitan, élégamment vêtu d’un jean déchiré et d’une veste de récupération me dit, dans un français plus que correct et avec un accent du 92 très prononcé : - Salut, mec, j’ai vu que les branchages de tes arbres y vont tomber sur la route tellement qu’on les coupe pas. Si tu veux je te fais ça vite fait et pour pas une tune, rien que pasque t’es sympa. J’me dis : A ce prix-là, je prends. Le type il entre, y s’assied d’autorité à ma place préférée et y dit à Nadine: - Femme, sers-moi une tasse de café, sans lait, deux sucres, pas trop chaud, le café. Quand on vous demande quelque chose si gentiment, on s’exécute. Ce que fit Nadine. - Voilà, qu’y dit, je vous élague tout ce qui dépasse gratos, parole. Nous deux, Nadine, quand c’est gratuit, on est toujours d’accord. Moi, je me disais : De toute façon si y a un os, ce petit-là j’en fais des confetti. Le type y sort, va chercher son frère, un malabar qui vous retournerait simultanément Van Damme et Schwarzenegger comme une crêpe normande, y mettent leurs tronçonneuse en marche et vogue la broussaille, tombent les branches comme la neige, comme y dit Adamo. Trois heures plus tard, le p’tit type y revient et dit : - Payement ! J’y dis qu’y a pas de payement vu que c’est gratuit et tout. - C’est vrai, mec, pour le débroussaillage, c’est gratos. Y a seulement 3800 € à payer pour les frais de dossier et l’essence. J’y rétorque : C’est pas un peu chérot, pour des paperasses ? - Allez, puisque t’es un petit vieux bien sympa on mettra moins de papier, j’te l’fais pour 1.500 €. Cadeau ! J’y dit, fermement en le regardant droit dans l’œil gauche (le vert) : - Pas question. Cette somme est surfaite. Alors le mec y crie à son frangin : Mets la tronçonneuse en marche, tu coupes tout : Les arbres, les fleurs, les nains de jardin et les chaises en plastoche. Moi, avec une témérité que je ne me connaissais pas, je me glisse sous l’armoire de la cuisine pour appeler du renfort à l'aide de mon Gsm. Nadine devient toute blanche comme la virginité d’une nonne et hurle : - Pas les nains de jardin, de grâce. De peur que ma choute elle attrape un truc, j’y dis audacieusement et fermement au monsieur : Bon d’accord, je paye, et c’est pas négociable ! Voilà, c’est comme ça que ça s’est passé. Je sais, après coup, comment que j’aurais pu me sortir de cette situation thrillérienne, mais sur le moment je n’osais même pas cligner de l’œil, les sphincters bloqués à fond, de crainte de faire une cacastrophe, Le lendemain, remis de ma diarrhée, je cours à la police pour signaler le forfait. Les flics avaient déjà contrôlé les gars, connaissaient leur nom (comme c’était des frères, y z’avaient le même), leur adresse et leur appartenance à la race manouche. Les flics belges, y sont des rapides, quoi qu’en pensent nos amis de l’hexagone. Attention, je parle ici de Manouches mais il ne faudrait pas croire que je les mets tous dans le même panier de crabes. D’ailleurs, j’ai un voisin qui est Manouche et nous entretenons des relations des plus amicales. Max, que c’est son nom, un brave type. Il est libre, Max, y en a même qui l’ont vu voler. A mon arrivée au commissariat, je fus reçu par deux policier fédéraux (pas confondre avec le FBI; ici en Belgique c’est mieux, y sont beaucoup plus forts quoique pas si bien habillés). - Tu viens nous casser les roubignoles pendant notre heure de table pourquoi ? -
Ben,
nous avons été dépouillés et menacés par des particuliers (j’ai entendu à la télé
belge qu’on doit dire comme ça, surtout pas individus ou un truc grossier de ce genre).
- Bon, nous allons procéder à un interrogatoire en règle, qu’y dit celui qu’avait l’air d’un chef pasque son uniforme était moins sale. Assieds-toi sur cette chaise. J’obtempère,
je suis pas contrariant. Celui qu’était pas le chef mais qui savait un peu écrire
se met en face de moi, où qu’y avait le PC. Il me flanque une lampe halogène en
pleine poire et me dit, d’un ton impératif : - Tu vas jeter ce chewing-gum en vitesse, je déteste ça. Y a une poubelle là. J’y dis : Non, je garde ma gomme. - Je t’ai dis que je détestais ça. - Rien à cirer, si que j’étais juif et si que vous détestiez les juifs vous me feriez décirconcire? - Bon, puisque tu le prends sur ce ton : Chef, j’ai un cas de rébellion manifeste, voulez-vous apporter les menottes, une fois ? Je me
retrouve menotté sur la chaise, les bras derrière le dos et la lumière en
pleine tronche.
- Description des particuliers ? - Je suis pas très doué pour décrire les gens. - Ah, monsieur fait le malin, on va te le faire cracher le morceau.
Quelques coups de bottin de téléphone plus tard, je dis : - Bon, je retire ma plainte. - Ben voilà, tu vois quand tu veux. Chef, c’est terminé, vous pouvez réchauffer le cassoulet.
Momo qui
jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
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